Pétrichor
"Son odeur après la pluie" : je n'ai carrément pas aimé ce bouquin. Sa lecture fut laborieuse et pas très intéressante. Mais enfin, le titre est pas si mal, même si je voudrais connaître les parfaits imbéciles capables de me soutenir sans trembler des genoux qu'ils aiment l'odeur d'un chien mouillé, odeur unanimement décrite comme une puanteur objective.
Bon, pas grand chose à voir avec mon dernier petit texte, sinon la pluie.
Il y a bien longtemps, quelques années au moins, que je gardais dans mon carnet quelques bribes écrites un jour de pluie. J'avais un jour rendez-vous pour déjeuner avec Lidia et il pleuvait des torrents. J'avais eu toutes les peines du monde, avec des chaussures d'été (ça devait être en septembre) aux semelles particulièrement lisses, à rejoindre le restaurant. Elle arriva en tenant les deux pans d'une capuche un peu dérisoire. Je lui avais apporté un parapluie rouge acheté quelques instants plus tôt, et elle arrivait sous la pluie, vêtue de rouge et sans parapluie. Belle intuition !
Après le déjeuner, j'avais griffonné quelques idées et collé le tout dans un cahier ; je reportais ses notes de pages en pages au fil de la vie du carnet.
En novembre dernier, au salon des maires, deux heures à tuer et une pluie battante. J'avais rédigé deux quatrains très insatisfaisants, mais il y avait une idée : la rivière de la foule sous la pluie et l'image des "gens en pardessus" doublée de celle de "reprendre le dessus" sur le flot des piétons sous parapluie.
Bref, ça ne me plaisait pas trop, et en mai de cette année, j'ai décidé de reprendre tout le poème. En arrangeant l'initial, j'obtiens assez vite la première strophe que je finalisai au restau avec Laure.
La seconde strophe vint 2 semaines plus tard, et c'est Marianne qui me suggéra "asphalte" qui va très bien !
Bon, c'est un petit texte mais très dense ! Je me suis amusé à créer une allitération en SS : je voulais rendre le son des voitures qui passent dans une rue mouillée. Je trouve que c'est assez réussi, et que la force poétique est très concentrée. J'ai mis ce poème dans une hypothétique version bis ou + du Cénotaphe format papier, et j'ai assez rapidement trouvé une illustration tout à fait pertinente.
Dans le première strophe, "vus d'en haut" "pardessus" et "dessus" se répondent assez bien je crois !
Pour le titre, c'était assez évident ! Il existe un mot pour décrire l'odeur qui monte de la terre qui vient d'être arrosée par la pluie.










